Oui, l’amour meut ! « Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45). C’est ainsi que Jésus décrit la perfection de Dieu, en mettant en évidence le fossé entre la générosité de son action et l’étroitesse des pensées humaines. La réalité s’étouffe dans nos calculs et respire dans la gratuité de Dieu. Ce n’est pas un hasard si mes prédécesseurs – saint Jean-Paul II, Benoît XVI et François – ont tous désigné la miséricorde divine comme le point de rencontre entre l’Évangile et les “choses nouvelles” de cette époque à la fois dramatique et merveilleuse. Suivre Jésus-Christ après les tragédies et les nouveaux départs du XXe siècle implique, en effet, une prise de conscience lucide : on ne combat pas le mal par le mal. Comme au ciel, ainsi sur terre, l’amour est la loi de la vie, la méthode de la rédemption, celle du Messie crucifié. Au faux réalisme qui réarme les esprits, les paroles et les nations, la culture catholique doit aujourd’hui opposer le réalisme de la miséricorde selon lequel il ne peut y avoir d’ennemis et tous, même les adversaires, sont des frères et sœurs qu’il faut regarder dans les yeux et rencontrer dans la vérité. Le péché existe certes, mais l’amour rédempteur du Christ est plus fort encore : il nous engage à purifier nos pensées, nos intérêts, nos habitudes, nos fréquentations, nos projets, nos investissements – tous les aspects de notre vie – de tout ce que la culture du pouvoir a souillé.
Suivre le Christ
Léon XIV, Discours du 22 août 2026, LEV.